Edition 2016

PALMARES ÉDITION 2016

Grand Prix Doc En Courts

Yo No Soy De Aqui

Maite Alberdi & Giedre Zickyté, Chili, Lituanie & Danemark, 26min (2016)
Dans une maison de retraite au quotidien ponctué de petits riens, la pétulante Josebe, 88 ans, ressasse les souvenirs de jeunesse. Des slows dansés dans sa chère ville d’Errenteria (à proximité́ de San Sébastian) à la rencontre avec son mari nationaliste, ce sont autant de moments qu’elle se remémore avec nostalgie. Fruit d’une collaboration entre deux cinéastes, I’m not from Here brosse le portrait poignant d’une génération espagnole immigrée au Chili, sur le point de disparaître.

Prix Graine de Doc'

Villeneuve

Agathe Poche, France, 32min (2015)
En 1972, les premiers habitants s’installent à la Villeneuve, à Grenoble. Dans ce quartier, tout est mis en place pour que les classes sociales se mélangent et que leur « vivre ensemble » soit meilleur. Les parents de Agathe Poche ont grandi à la Villeneuve. Au travers d’archives, la réalisatrice ce questionne sur ce dont ils ont hérité de cette époque, elle et sa génération.

Prix du Public

Vers la Tendresse

Alice Diop, France, 39min (2015)
Ce film est une exploration intime du territoire masculin d’une cité de banlieue. En suivant l’errance d’une bande de jeune hommes, nous arpentons un univers où les corps féminins ne sont plus que des silhouettes fantomatiques et virtuelles. Les déambulations des personnages nous mènent à l’intérieur de lieux quotidiens (salle de sport, hall d’immeuble, parking d’un centre commercial, appartements squatté) où nous traquerons la mise en scène de leur virilité ; tandis qu’en off des récits intimes dévoilent sans fard le part insoupçonné de leurs histoires et de leurs personnalités.

Prix Spécial Focus

Matières première

Jean-François Reverdy, France, 24min (2015)
Matières première est un récit métaphorique sur les origines, la marche du monde, empruntant les voies de l’étrangeté et de l’onirisme, évoquant parfois l’abstraction incandescente des aquarelles de Tumer, « le peintre des incendies ». Le parcours s’inscrit sur le territoire mauritanien, de l’exploitation des carrières de fer de Zouérate à l’acheminement du minerai jusqu’à l’Océan, à bord du plus long train du monde. A Nouadhibou, les plages jonchées d’épaves annoncent la fin du voyage tandis que s’amoncelle, sur les cargos amarrés, le précieux minerai, en partance pour les pays riches. Ce film utilise le dispositif antique du sténopé, technique des premières captures réel, pour proposer une perception inhabituelle du désert, de ses formes, de ses couleurs, des éléments naturels, de la lumière, des machines et des hommes.

Mention Spéciale du Jury

Sit and Watch

Francisco Forbes & Mattew Barton, Royaume-Uni, 37min (2016)
Telle une fresque audiovisuelle de la ville moderne (en l’occurrence Londres) Sit and Watch adopte la forme d’un « zapping » articulé autour de différentes situations emblématiques : des sessions parlementaires, une visite guidée en bateau, des vidéos de surveillance d’autobus, un couple exposant ses ébats sexuels sur internet, une réunion religieuse et un club de boxe. A travers ces divers scénario se brosse ainsi le portrait d’un monde qui se met en scène, surmédiatisé et dans lequel l’individu ne s’efforce que vainement de trouver une place. Tirant partie de l’effet sériel d’un dispositif inspiré d’un/des petit/s écrans/s, un film qui reflète par petite touche et habileté, une société du spectacle qui entre rime et ironie choisit la fuite en avant, à l’aulne de la politique et des médias. Un objet aussi jouissif qu’anxiogène, ancré dans un discours résolument contemporain.
Redim_SitAndWatch

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